La viande

Mis à jour : 30 mai 2020


L’être humain est-il carnivore ?


Chez une partie de la population cette croyance est ancrée depuis la naissance et beaucoup n’envisagent pas même un seul instant de la remettre en question ; « moi j’suis un viandard ! » ou « j’aime trop la viande ! » sont des phrases que l’on entend régulièrement lorsque l’on évoque la simple possibilité de responsabiliser sa consommation.


Nécessité physiologique ou simple croyance limitante ? Qu’en est-il réellement ?

A travers cet article nous allons répondre à ces questions sous un angle différent du traditionnel « il faut » ou « il ne faut pas », et privilégier une compréhension globale du sujet à travers les lois du vivant.


Rappelons qu’à l’origine, nos ancêtres cueilleurs se nourrissaient essentiellement de fruits, baies et plantes sauvages car la nature offrait tous les végétaux nécessaires en abondance. Ce n’est qu’à la suite d’un important changement climatique, des années plus tard, que l’être humain a commencé à chasser et consommer de la viande par nécessité d’adaptation. N’oublions pas que la viande consommée à cette époque provenait d’animaux sauvages, en bonne santé, nourris de manière physiologique, et fournissait donc un apport en micronutriments important. La chasse demandait un mode de vie actif, qui n’a plus rien à voir avec celui d'aujourd’hui. La traque d’un animal pouvait prendre plusieurs jours, ce qui nécessitait de jeûner pendant des périodes plus ou moins longues avant de pouvoir manger ; nous sommes bien loin du morceau de viande acheté sous vide au supermarché ...



Nous allons maintenant faire appel à notre instinct pour tenter d’apporter un premier élément de réponse au sujet de la consommation de chair animale.

Imagine-toi tranquillement chez toi, par une belle journée d’été. Et là, surgit de nulle part, un parfait inconnu qui te saute dessus, te kidnappe, et t’enferme dans une pièce sans eau ni nourriture. Un jour se passe, puis deux, puis trois, tu es pris de nausées, la faim et la soif se font sentir. Après quelques jours, ton ravisseur t’amène à manger : un cochon, un lapin, une vache et….un panier de fruits. Vers quel aliment vas-tu te diriger? Vas-tu courir après le lapin pour tenter de l’attraper ? Vas-tu sauter à la gorge du cochon et mordre dedans à pleines dents ? Ou encore essayer de terrasser tout seul et sans matériel un animal qui fait 10 fois ton poids ? Sans prendre trop de risques, je dirais que tu mangerais les fruits sans hésiter. Tout comme un loup aurait choisi un des trois animaux. Tout comme le grand singe aurait choisi les fruits...

La nature, dans sa grande sagesse, a doté chaque être vivant des capacités nécessaires à sa survie ; le guépard possède des pattes puissantes pour poursuivre les gazelles, le lion des crocs et des griffes pour déchirer la chair, et l’Homme des mains et des jambes pour … poursuivre une antilope ? Mordre à pleines dents dans une biche encore vivante ?



On peut distinguer une différence physiologique frappante entre les êtres carnivores et les herbivores/frugivores. Les carnivores possèdent un tube digestif très court et des reins volumineux et très puissants, qui leur permettent d'évacuer l’acidité causée par la digestion de la viande en produisant de l’acide urique. Les frugivores/herbivores ont, quant à eux, un tube digestif très long et des reins de petite taille adaptés à la digestion de grandes quantités de fibres présentes dans les végétaux. A ton avis quelle est la taille moyenne de l’intestin d’un être humain ?


Il est admis dans la croyance populaire que nous descendons du singe (il y aurait quelques points à mettre en lumière à ce sujet mais c’est une autre histoire). Nous avons en effet beaucoup de choses en commun avec ces primates, comme le système reproducteur (la guenon porte son petit pendant 9 mois et a ses règles tous les mois), et surtout le système digestif. Et de quoi se nourrit le gorille pour peser 150 kilos de muscle ? De fruits, de racines, de feuilles et d’insectes. Certaines espèces de grands singes peuvent également se nourrir occasionnellement de petits rongeurs.

Alors si notre physiologie est la même, pourquoi nos alimentations sont-elles totalement différentes ?

Peut-être les singes sont-ils dans l’erreur. Peut-être devrait-on leur apprendre comment fabriquer des saucisses Knacki ?

C’est notre physiologie qui doit déterminer notre alimentation, pas notre intellect.


De nos jours, dans les pays occidentaux, il est facile de cultiver des fruits et légumes car le climat est propice à une multitude de cultures. Mais alors pourquoi la consommation de viande est-elle toujours omniprésente dans notre société sédentaire, voire encouragée, imposée ?

Plusieurs raisons à cela. Une des principales est la facilité : un billet en échange d’un rôti déjà bardé, aucun effort à fournir. Plus rien à voir avec de la survie ou une quelconque nécessité adaptative. Une autre raison, de loin la plus importante est une histoire de croyance. Rappelons que la viande est un business qui rapporte des milliards chaque année.

Depuis notre enfance on voit nos grands-parents cuisiner de la viande, nos parents, nos amis…à grand renfort de publicité. Cela nous est donc apparu normal.

De nombreuses croyances sur la viande se sont formées au fil du temps, et surtout au cours des dernières décennies. La plus répandue concerne notamment les protéines. Qui n’a pas entendu au moins une fois dans sa vie l’une des phrases suivantes : « la viande c’est important c’est plein de protéines » ou encore dans le milieu sportif « j’ai besoin de protéines pour construire de la masse musculaire » (parole de sportif !). Il y a du vrai dans ces deux affirmations. La chair animale est en effet une source importante de protéines, et on a besoin de ces protéines pour construire de la masse musculaire. Il manque cependant quelques précision qu'il semble nécessaire d’apporter.

Les protéines contenues dans la viande ne sont en réalité que peu assimilables par notre organisme. Comme vu un peu plus haut, notre système digestif n’est pas conçu pour traiter de la chair animale. Pour avoir notre « quota » de protéines, il faut donc en manger de grandes quantités. Cependant, la viande est très acidifiante pour notre organisme, et l’on sait aujourd’hui que la plupart des maladies dites « graves » de notre civilisation ( cancer, maladies chroniques...) ont pour facteur commun un terrain acide. Les végétaux et oléagineux quant à eux ont une teneur en protéines plus faible sur le papier mais totalement assimilables par notre organisme. Pour résumer, si une poignée de noix de cajou nous apporte la même quantité de protéines que 2 ou 3 steaks hachés, pourquoi s’embêter à aller tuer une vache ? Si les végétaux nous apportent tous les nutriments dont nous avons besoin pour vivre en pleine santé, pourquoi consommer de la viande quotidiennement ?



Si tu as vécu dans les années 80-90 tu dois sûrement te souvenir des gros titres des médias : « épidémie de vache folle ». Mais de quoi s’agissait-il réellement ? A cette époque, toujours dans un souci de profit à tout prix, les industriels ont nourri les bovins d’élevage avec ce que l’on appelle des farines animales. Il s’agit en fait de carcasses de vaches mortes, broyées et mélangées à divers produits chimiques que l’on a donné à manger aux bovins, facilitant ainsi leur croissance tout en réduisant les coûts de production. Mais il y a eu problème. Dans la nature, une vache mange de l’herbe, pas d’autres vaches. Et que se passe-t-il lorsqu’un être vivant mange des aliments qui vont contre sa nature ? Il devient malade, et c’est exactement la même chose pour nous. Il est prouvé et démontré aujourd’hui que la consommation quotidienne de viande a un rôle majeur dans le développement de diverses pathologies.


Enfin, regardons un aspect essentiel et quelque peu déconcertant de la consommation mondiale de viande : l’impact éthique et écologique. Nous n’allons pas ici diffuser des vidéos d’abattoirs ou autres, il y en a suffisamment sur la toile et l’objectif ici n’est pas de choquer mais plutôt de faire prendre conscience. D’un point du vu éthique, manger un animal n’est absolument pas mal en soi. Dans la nature, les crocodiles et les panthères mangent d’autres animaux tout au long de leur vie sans que cela ne nuise à la planète, car c’est dans leur nature et qu’ils mangent lorsqu’ils en ont besoin. En revanche, lorsque la consommation de viande d’une population de plusieurs milliards d’individus nécessite un génocide quotidien et la destruction de la planète de manière exponentielle, il devient légitime de s’interroger.

Aux Etats-Unis par exemple c’est 300 bovins qui sont abattus chaque minute. Pour garantir une production et un rendement optimal, les vaches sont inséminées de force (violées), détenues dans des immenses hangars insalubres sans aucune lumière naturelle, dopées aux hormones de croissance et abattues à la chaîne dans une souffrance inimaginable. Des milliers d’hectares de forêt primaire sont décimés afin d’y cultiver du soja qui servira à engraisser les bovins. Et oui, dans un monde où des pays entiers souffrent de malnutrition, on assèche des rivières et rase des forêts pour gaver des animaux d’élevage.

Tout cela est le prix à payer pour pouvoir aller chercher son fast food à n’importe quelle heure de la journée sur un coup de tête pour simplement "grignoter un truc".


Encore une fois il n’est pas question ici de faire l'apologie du vegan ou végé ou quelque idéologie que ce soit. Il s'agit simplement de mettre en lumière des faits, et ainsi élargir notre connaissance pour pouvoir faire des choix en conscience.

Que se passerait-il si chaque personne sur cette planète réduisait sa consommation de viande à une simple portion par semaine ?

Et si on arrêtait d’alimenter toutes ces enseignes qui reposent sur un génocide à grande échelle ? (Mc Donalds par exemple, c’est 5 millions de steaks hachés par jour ... )

Nos choix d’aujourd’hui déterminent le monde de demain.


Le monde dans lequel nous vivons n’est que le reflet de notre mode de vie, nous sommes les seuls acteurs du changement.



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